Costumes et Hauteluciens célèbres

Les costumes :

Les costumes du Beaufortain sont nettement localisés à Beaufort, Arêches et Hauteluce.

Le commandant Gaillard, dans son étude parue en 1941, en signale encore à Queige, mais ne les décrit pas. Du costume féminin, nous retiendrons la coiffe, la robe, le châle et le tablier.

 La coiffe :

Les femmes, toujours coiffées, portent le bonnet (appelé sarette à Beaufort), la calette ou la berre. La 1ere est une coiffure de tous les jours, la seconde celle de sortie, et la dernière la coiffure des grandes circonstances.

Le bonnet est en coton, piqué, amidonné. Blanc, il est déjà un luxe, réservé aux grandes familles. Pour le travail des champs, le bonnet de couleur foncée, bleu souvent, avec des pois blancs est préféré. Noir, il traduit le deuil, et noir à pois blancs le demi-deuil.

Pour se préserver du soleil au moment des travaux d'été, les Beaufortaines portent par dessus le bonnet ou la sarette, un chapeau de paille à large bord, tenu par une aiguille à tricoter qui traverse le chignon.

 La calette :

Elle est toujours en soie noire unie. Une dentelle noire, du Puy, gommée et plissée, plus haute de 2 cm environ à Hauteluce qu'à Beaufort, forme une auréole autour de la tête et se prolonge jusqu’au noeud arrière, d'où pendent deux longs rubans. Deux autres rubans servent de brides et se nouent sur le côté.

A l'arrière, la calette d'Hauteluce tombe droit, tandis que celle de Beaufort, plus pointue, part en biais.

A Hauteluce, la calette est portée avec le caraco lors des sorties: pour aller à la foire, à la messe en semaine, ou les dimanches et jours de fêtes carillonnées (Toussaint, Pâques, 15 août...).

 Elle se met avec un châle de coton brodé de fleurs et orné de franges. A Beaufort, c'est la berre qui est portée ces jours-là.

 La berre :

ou "coiffe blanche" rigide en percale extra-fine travaillée à tous petits plis, n'a pas de brides: elle est maintenue par une épingle au chignon. C'est la coiffure des grandes cérémonies. Elle n'est portée qu'à trois occasions: mariages, baptêmes et "beau dimanche" et uniquement avec un châle en soie.

 Le "beau dimanche", à Hauteluce, est celui qui suit le jour du mariage. Selon la coutume, la belle famille amenait la jeune mariée à la messe et elle entrait à cette occasion dans le banc de la famille de son époux puisque chaque famille avait son propre banc à l’église. Ce jour là toutes les femmes portaient la berre avec des châles différents selon l’âge : à la mariée, le châle blanc ; les verts, les oranges, les bleus aux demoiselles d’honneur et aux jeunes filles, le rouge à la mère et le mauve-violet aux grands-mères. La mère ou grand-mère qui avait perdu son mari dans l’année, portait un châle noir avec des fleurs brodées noires, indiquant que la personne était en fête dans le deuil.

costumeshauteluce-coul.jpg                                                                                       à gauche la calette, à droite la berre

 Les 3 coiffes exigent une chevelure bien tirée : séparés sur le dessus par une raie au milieu, en 2 bandeaux plats, les cheveux sont, derrière, pressés et enroulés en un chignon caché dans la coiffe.

 Par coquetterie, certaines femmes laissent pendre sur le front 3 ou 4 frisettes de chaque côté de la raie.

Les vêtements

Les robes sont généralement d'une pièce et de fabrication locale. Celles d'Hauteluce sont plissées alors qu'à Beaufort elles sont froncées ce qui demande moins de tissu (c'est par souci d'économie, disent les malicieux). A Hauteluce domine le noir, peut être à cause d'un culte des morts plus profond: le deuil est porté trois ans.

 Le châle ou "mouchoir" est un carré de 1m à 1m10 de côté, en coton brodé de fleurs stylisées. Les broderies et les franges sont faites parfois sur place.

 En plus des châles portés lors "du beau dimanche" évoqué plus haut ; il y a des châles de deuil. La femme qui mène son mari au cimetière a un châle blanc sans frange et à tous petits rubans. A la neuvaine, elle revêt la calette, le châle noir non brodé, sans frange, puis en période de demi-deuil, le châle gris à franges lors des fêtes carillonnées.

 Le tablier porté avec le châle de soie est toujours un tablier noir moiré. S'y ajoute un grand noeud tout fait, avec de longs rubans tombant presque au bas du tablier.

L'habit est complété par de grandes manchettes, épinglées à l'intérieur; par un tour de poignet et un tour de cou ou "collerette" en dentelle blanche, et par "l0 biô". En effet, quelques jours avant le mariage, les fiancés descendent à Albertville acheter "l0 biô" : le coeur de Savoie et la croix d'or d'Hauteluce (ou mieux du Beaufortain car elle est identique à celle de Beaufort).

 Les habits de tous les jours sont "le caraco", sorte de corsage à fond élargi couvrant le tablier, et la "taille", plus court et plus serré.  

Cette complexité dans la façon de porter le costume féminin correspond à une tradition longue et précise.  

 Les hommes, à Hauteluce, portent le "tricot gris", le même qu'en Val d'Arly où il s'appelle "la maille". C'est une veste tricotée en laine du pays, surbrodée et garnie de boutons de nacre. Neuf, il est utilisé pour les sorties; usagé, c'est le tricot de tous les jours. D'inspiration suisse, il a peut-être été importé par les fromagers de ce pays qui venaient nombreux travailler en alpage ici.

Queige et Villard-sur-Doron ont perdu leurs costumes, celui de Beaufort est en voie de disparition. Seule Hauteluce a su garder le sien. Cette tradition s'est maintenue grâce au curé Jay qui ne manquait pas de rappeler au cours de la messe: "Pour la fête de ..., ne manquez pas de mettre votre mouchoir". Ceci nous vaut l'anecdote -garantie authentique- que voici:

Il y a environ 35 ans, en été, au premier dimanche du mois, les fidèles allaient en procession à la chapelle du Praz. En tête, un homme portait la grande bannière de Saint Jacques; suivaient les femmes des confréries du Rosaire et du Très Saint Sacrement en habit blanc ou voilées, portant fallots et bannières, ensuite le curé, les chantres et la foule.

 Ce jour-là, en entrant à la messe, il pleut. Au sermon, le curé du haut de la chaire annonce qu'il attend la fin de la messe pour confirmer si la procession a lieu ou non. La messe dite, il passe en sacristie, regarde le temps, revient vers la table de communion et dit aux gens: « Vous pouvez mettre les voiles ». Félix, du village, sort parce qu'il a d'autres occupations et se trouve dans le tambour de l'église avec un "étranger" -entendez: un touriste- qui lui dit: « Eh bien! dites donc, votre curé, il en a une drôle de façon de dire l'ite missa est: Vous pouvez mettre les voiles! » A quoi Félix répond: « Vu le beau temps, la pro-ces-sion a lieu, les femmes doivent mettre leurs voiles! »

Toutes ces informations sont tirées du livre d’Alain Mermier : Le Beaufortain d’autrefois   

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 Vous pouvez découvrir ces costumes et ses anciennes traditions dans l’écomusée d’Hauteluce, le chalet de la Ruine, sur le sentier des Pointières et lors des fêtes villageoises

 

Hauteluciens célèbres :

Ducis (Jean-François). - Poète tragique, né à Versailles en 1733, d'une famille pauvre, originaire de Savoie, mort à Paris en 1816, ne prit aucune part aux grands événements politiques de son temps, et s'adonna tout entier à sa passion pour la poésie et le théâtre. Shakespeare fut son principal modèle : il eut le mérite de transporter sur notre scène quelques-unes des beautés du poète anglais, mais il l'affaiblit en voulant l'accommoder au goût français.

Les pièces qu'il imita sont : Hamlet (1769); Roméo et Juliette (1772); le Roi Lear (1783); Macbeth (1784) et Othello (1792), qui obtinrent un brillant succès. En 1778, il donna Oedipe chef Admète tragédie imitée d'Euripide et de Sophocle. La seule tragédie qui lui appartienne en propre est Abufar ou la Famille arabe, tableau intéressant des moeurs patriarcales. 

Ducis est le plus souvent énergique, pathétique, et il atteint quelquefois au sublime; mais il ne sait pas combiner un plan, composer un ensemble. Outre ses tragédies, il a composé des épîtres et des poésies fugitives où l'on admire un grand talent uni aux plus nobles sentiments. Ducis remplaça Voltaire à l'Académie française en 1778. Ce poète vécut pauvre et indépendant, et refusa de brillants avantages que lui offrait Bonaparte. C'est de lui qu'Andrieux a dit, dans un vers célèbre, qu'on trouvait en sa personne 

L'accord d'un grand talent et d'un beau caractère.

Cet homme de bien eut de nombreux amis; il fut surtout intimement lié avec Thomas.

 

Eugène Ducretet, né à Paris le 27 novembre 1844 et mort à Paris en 1915, est un industriel et scientifique français. Spécialisé dans la construction d'instruments de physique, en particulier dans le domaine électromagnétique, il participe activement à l'essor de la TSF. Il fut chevalier de la Légion d'honneur en 1885. C'est lui qui établit la première liaison française par radio, le 5 novembre 1898 en émettant des sons depuis la Tour Eiffel jusqu'au Panthéon (ce qui représente environ 4 km).

Il avait fondé la société Ducretet en 1864, qui deviendra Ducretet-Roger, puis en 1931, rachetée par Thomson, Ducretet-Thomson : cette société commercialisera longtemps des produits de TSF sous ce nom.

 

Franck Piccard, né le 17 septembre 1964 aux Saisies, est un skieur alpin français, spécialiste de la descente et du Super G, médaillé d'or du Super G aux Jeux olympiques d'hiver de 1988 à Calgary, de bronze en descente lors de ces mêmes jeux, médaillé d’argent en descente aux JO d’ Albertville en 1992. Il a obtenu également la médaille de bronze aux championnats du monde 1991 à Saalbach.

 

Date de dernière mise à jour : 02/08/2014

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