Les barrages dans le Beaufortain

Barrages et hydro-électricité

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Vous connaissez peut-être le barrage de Roselend. D’une grande élégance, il s’inscrit parfaitement dans le paysage. Sa mise en eau fut effectuée en 1960. Il fut complété par les barrages de la Gittaz et de Saint-Guérin. Les trois symbolisent l’hydro-électricité dans le Beaufortain.

                                                      Production d'électricité en France 

 

ROSELEND

                                                                Construit entre 1955 et 1962 : 2600 ouvriers ont travaillé jour et nuit sur le chantier dans des conditions très rudes.  Il représente 942 368m3 de béton coulé au rythme journalier de 1500 à 2000m3. Le barrage de Roselend est le plus gros barrage de France en volume de béton

2.5% de la production hydro-électrique française.  Mis en eau en 1960 .
Surface du plan d’eau : 320 ha. Profondeur : 130m. Type de barrage : poids voûte à contreforts. Hauteur : 150m. Longueur en crête : 804m. Largeur à la base : 22m. Côte maximale 1557 mètres. Vannes de vidange de 2 mètres de diamètre. Volume de la retenue : 185 000 000 m3.
Le barrage de Roselend est un des 4 barrages du Beaufortain. Un site magnifique avec en toile de fond : le Mont Blanc (proche de 25km à vol d’oiseau). Il alimente avec les barrages de la Gittaz et de St Guérin la centrale de La Bâthie. Situé au coeur des alpages il constitue un très beau site pour la pêche et la randonnée. La Route des Grandes Alpes traverse ce magnifique site d'alpage pour rejoindre la Tarentaise (hors période de neige-route étroite). La Chapelle Ste Marie Madeleine a été remontée sur la rive du lac avant la mise en eau du barrage. Le hameau de Roselend est noyé le 6 mai 1960 et 15 des 54 alpages sont engloutis. (Les cartes postales anciennes et photos présentes dans l'album photos témoignent du passé)

La réglementation française en matière de sécurité des barrages et de prévention des risques, impose pour tous les barrages d’une hauteur supérieure à 20 mètres, d’effectuer tous les dix ans un Examen Technique Complet comprenant la visite des parties immergées des ouvrages. Cette visite peut être réalisée de deux façons : par une visite subaquatique ou par la vidange de la retenue lorsque qu’une opération de maintenance est programmée.

Dans le cadre de cet examen, EDF a décidé de réaliser la vidange du lac de retenue du barrage de Roselend du 14 février au 7 avril 2011 afin de compléter l’inspection du parement amont et de remplacer les vannes de vidange. Vous trouverez les photos prises à cette occasion dans l' album photos.  Pourquoi cette vidange ? (video 1mn40)

Le barrage a fêté ses 50 ans le 20 août 2011; toutes les informations relatives à cette journée :  voir la vidéo des 50 ans

  LA GITTAZ

 

Altitude 1562m. Construction 1962/1967. Type barrage : poids arqué à forme triangulaire. Hauteur :65m  Profondeur : 65m  Longueur : 164m Superficie : 39,3 ha   Capacité de la retenue : 13 millions m3

 Etabli sur le torrent de la Gittaz, c'est un barrage de type "poids arqué", c'est à dire qu'il utilise son propre poids pour résister à la force de l'eau retenue.

 Le barrage reçoit le torrent de la Gittaz et les eaux collectées par les prises du Sallestet. Son évacuateurs de crues, en forme de tremplin de saut à ski, est une originalité de cette construction. Mis en service en 1967, les eaux de la retenue sont directement dirigées par une galerie de 2 kms au lac de Roselend  

 

 

 

 ST GUERIN

      

   Altitude 1557m  Construction: 1957/1961  Type de barrage : voûte mince  Hauteur : 70m  Profondeur : 70m  Longueur : 250m  Superficie : 50ha   Capacité de la retenue : 13 millions m3

 Saint Guérin, patron des troupeaux, a donné son nom à la vallée et à une chapelle noyée lors de la construction du barrage.

 Ce dernier est constitué d'une voûte mince de 250m de long et de 70m de haut. Achevé en 1961, ses eaux contribuent au remplissage de Roselend au moyen d'une conduite de liaison entre les retenues qui fonctionnent à la manière de vases communicants. Les eaux de la retenue proviennent des torrents de la Louze et du Poncellamont, complétés par 3 captages au dessus d'Aime. Le barrage reçoit chaque année l'équivalent de 2 fois sa capacité de stockage.

 

Mais il ne faudrait pas oublier le barrage de la Girotte. Moins connu et de conception plus ancienne, il se perche au-dessus de la vallée d’Hauteluce.

Histoire et légende autour du Lac de la Girotte

 

L’histoire

Barrage de la Girotte 

Avant d’exister, sur son emplacement se trouvait un lac blotti derrière un verrou naturel du relief. Le papetier Aubry, à  Albertville, est le premier à utiliser l’énergie de son eau. Entre 1903 et 1904, il fait percer le lac à 17 mètres en-dessous de son niveau naturel. A sa suite, les aciéries d’Ugine complètent l’équipement de la vallée avec une série de petites centrales depuis Belleville, à proximité du lac, jusqu’à Venthon, à proximité des usines métallurgiques.

 A la veille de la Seconde Guerre Mondiale, la construction d’un barrage est décidée pour remédier à une production électrique insuffisante et à des variations saisonnières importantes.

 Etant donné la configuration particulière des lieux, l’ingénieur Albert Caquot choisit la solution du barrage à « voûtes multiples » qui a permis, avec 118000 m3 de béton et 34000 m3 de fouilles, de porter la retenue à 1753 mètres d’altitude, assurant une capacité de 50 millions de mètres cubes d’eau.

 Les travaux débutent durant l’occupation allemande en 1942 et le chantier sert d’alibi pour mettre sur pied une compagnie de résistants, sous l’impulsion du commandant Bulle, appelée Compagnie du Lac. Constituée au printemps 1943, La Compagnie du Lac a contribué à la Libération du Beaufortain et de la région, perdant une vingtaine d’hommes, dont quatre officiers.

Durant sept ans, à l’exception des longs mois d’hiver (il est tombé 18 mètres de neige en 1944-45), 400 à 800 personnes, complètement autonomes, reliées à la vallée par deux téléphériques, travaillent à la construction de ce remarquable ouvrage.

Afin d’assurer le remplissage maximum de la retenue, on creuse une galerie de treize kilomètres pour aller capter les eaux du glacier de Tré La Tête dans la vallée des Contamines. C’est pour cela que l’eau du barrage actuel est bleutée, et que sa température reste constante à longueur d’année et ne dépasse pas 8°.

En aval, pas moins de sept centrales vont être alimentées par la Girotte. C’est à cette époque que l’actuelle usine de Belleville est construite, de même qu’un téléphérique pour les barragistes.

La légende : l’étrange pacte de maître Rogon avec le diable

On raconte une légende à propos du lac originel, qui se situe au-dessus d’Hauteluce, entre la Montagne d’Outray et les Rochers des Enclaves, face au Mont Joly. On dit qu’il n’existait pas, qu’en ce lieu il y avait au contraire une plaine cernée de forêts, où vivait il y a très longtemps une famille qu’on connaissait très mal. Et que le chalet de cette famille se dressait au milieu de cette plaine.

Les récoltes des alpages de la Girotte étaient médiocres en raison de l’altitude et le propriétaire des lieux vociférait, s’en prenait à tous les saints du paradis d’avoir hérité d’une terre aussi ingrate.

Il advint qu’un homme au large chapeau enfoncé jusqu’aux yeux arriva sur les alpages. Il portait une large cape de velours noir doublée de rouge qui descendait jusqu’au sol. On ne sait pas si le propriétaire remarqua les pieds ferrés que l’on pouvait apercevoir lorsque les pans de la cape s’entrouvraient. On ne sait pas non plus ce que le personnage habillé en noir chuchota à l’oreille du paysan. On sait par contre qu’à partir de cette date, les champs de la Girotte n’eurent plus à souffrir des gelées nocturnes et connurent les meilleures récoltes de la contrée.

Et lorsque Maître Rogon, car il s’agissait de Maître Rogon, descendait à Hauteluce une fois par semaine pour y vendre ses produits, c’était lui qui vendait sur le marché les meilleures pommes de terre et les génisses les plus enviables. Il se disait que là-haut, c’était une vallée merveilleuse, riche et luxuriante, où le blé poussait comme par enchantement.

Pressentant un quelconque sortilège, personne n’osait monter là-haut, surtout depuis qu’on avait constaté qu’un personnage d’allure sinistre prenait régulièrement le chemin du chalet. Il marchait d’une drôle de façon et il se dégageait de sa personne une odeur de soufre. Il arrivait en traînant les pieds, avec sa flûte sous le bras et rentrait sans frapper.

Son coin favori était devant la cheminée : les pieds sur les tisons ardents, il retournait les braises de ses orteils. Les fers qu’il portait aux pieds devenaient incandescents. Puis il sortait sa flûte et se mettait à jouer de la musique. Une musique qui déclenchait une sarabande terrible dans la demeure isolée. Tous les objets tournaient, volaient, dansaient sans casser, sans rien endommager jusqu’au petit dernier qui, couché dans le berceau, se mettait à sauter, tourner... sans se faire le moindre mal.

Dès que le diable arrêtait de jouer, tout revenait en place. Silencieux, il quittait le chalet et partait en direction des Enclaves.

Ce fut un dimanche soir d’août, d’on ne sait plus quelle année, que le paradis se transforma en enfer pour la petite famille. La famille finissait le repas après une dure journée de travail ; on avait rentré du blé, de beaux épis gonflés et dorés. Les tas touchaient le faîte, la maison était pleine de blé. Le père demanda encore une fois au diable de changer ce blé en or. Une fois de trop, sans doute.

Le diable bon prince s’exécuta : n’avait-il pas passé un pacte avec cette adorable petite famille ? Ainsi les épis de blé laissaient échapper des grains d’or. Ce soir-là, on s’endormit dans l’allégresse. Seulement voilà, le trésor était trop lourd pour la maison. Au milieu de la nuit, le placher où reposaient les épis s’enfonça doucement. Puis ce fut le chalet tout entier qui disparut dans le sol, doucement, lentement, mais inexorablement.

 A mesure que le chalet s’enfonça dans le sol, une immense cuvette se forma et fut remplie par les eaux des torrents voisins, faisant disparaître le champ et le chalet à tout jamais.

 A la place, il y avait un grand lac immobile... Ainsi naquit le Lac de la Girotte, nappe bleue blottie derrière un verrou rocheux.

Mais au fait, qui n’a pas entendu dire que sous le Lac, on a trouvé de l’or dans les sources ?... 

     
     
 

Roselend aux 4 saisons

Les 4 saisons ..... du Lac de Roselend

   
     
     
     

 

 

 

 

 

Date de dernière mise à jour : 02/03/2014

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